Ce que j'ai découvert en voyageant

Ce que j’ai découvert en voyageant.

Août 2001, départ pour le Canada.
Canada, Canada, Canada, Bulgarie, Suisse, Egypte, France, Angleterre, Italie, Belgique, Italie, Haïti, Canada, Autriche, Slovaquie, Suède, Finlande, USA.
Octobre 2017, départ pour le Canada.

16 années séparent ces deux voyages qui ont marqué ma vie, chacun à leur façon. Le premier est responsable du virus qui s’est propagé dans tout mon corps sans intention de repartir. Le deuxième est le nouveau départ que je me suis offert afin de me créer la vie dont j’avais vraiment envie.


Tous les autres voyages sont les expériences qui ont fait mûrir ce virus pour donner naissance à ce grand projet : ma vie.


Toutes ces années de voyages, j’ai découvert des cultures totalement opposées, j’ai rencontré des personnes, j’ai créé des liens forts et je me suis aussi éloignée de gens qui ne me correspondaient plus. J’ai visité des lieux uniques, j’ai pris des dizaines et des dizaines d’avions, j’ai été malade, j’ai été heureuse, je me suis découvert, j’ai grandi et surtout j’ai appris.

Voici ce que j’ai découvert en voyageant.


J’ai appris à dire merci.

Les épreuves de la vie vont créer des blocages, qui vont être très certainement différents pour chaque personne. Ce blocage là pour moi, était de dire merci. Ça parait simple et enfantin, mais dire merci revient à dire qu’on a besoin des autres.

Exprimer de la gratitude, « une reconnaissance pour un service ou un bienfait reçu » revient à reconnaître qu’on aurait pas pu le faire tout seul.
Dire merci, c’est accepter qu’une personne tierce s’immisce dans sa vie, avec ou sans raison. Bref, c’était difficile pour moi.

Mais les voyages m’ont appris que la maxime  » tout seul on va plus vite, ensemble on va plus loin » est vraie. Sans toutes les personnes que j’ai rencontré, sans leur aide, leur patience, leur impact dans ma vie, il y a tellement de choses que je n’aurais pas pu découvrir ou réaliser.


Alors à tous ces gens, je vous dit merci.


Et puis c’est tellement plus facile de se concentrer sur tout le négatif, de critiquer, de rabaisser,… plutôt que de remercier quelqu’un. Je suis quelqu’un de très positif, j’ai toujours un sourire dans la face, et pour autant, prononcer ces mots était compliqué.
Et c’est pour ça que j’y travaille, un peu plus chaque jour. J’apprends à dire merci, pour tout et pour rien.

Merci à mon amoureux pour tout ce qu’il fait pour moi, merci à mes amis d’être là dans les bons moments comme dans les mauvais. Aussi merci à ma famille de m’avoir soutenu toutes ces années.
Et à cette personne dans le métro qui m’a sourit, et à toutes ces personnes qui me donnent une chance de rentrer dans leur vie, et de ne plus en ressortir, merci. Merci d’être vous. Merci.


J’ai découvert qu’aucun pays n’était parfait.

Dès les premières fois où je suis venue au Québec, je me suis dis que je viendrais vivre ici et que je ferais ma vie dans ce pays. Et je suis fière de dire que j’y suis arrivée! Etant maintenant une adulte, je me rends compte que le paradis que je voyais avec mes yeux de chérubin a en fait ses petits défauts comme tous les autres endroits de cette planète.


On s’imagine notre terre d’accueil comme l’endroit où tout le monde voudrait vivre et on ne comprend pas qu’on soit si peu à le voir.


Mais une fois bien installés sur cette terre, les défauts se dévoilent petit à petit et au final on fini par relativiser les défauts qu’on trouvait chez nous.

Chacun a ses avantages, il suffit juste de trouver l’endroit où l’on va se sentir bien, où on va se sentir « chez soi », et qui nous correspondra.
Alors oui, je suis la plus heureuse de vivre là où je suis actuellement et je continuerais à y vivre aussi longtemps que je serais heureuse mais je sais aussi que la France me manque pour certains points. La nourriture ou encore l’éloignement de ses amis et sa famille est le plus difficile à apprivoiser.


J’ai compris que l’éloignement de ses proches est difficile à gérer.

Partir en voyage ou s’expatrier, c’est agir égoïstement. C’est aussi prendre les rênes de sa vie et décider ce qui nous rend heureux. Clairement, on a choisi de partir (pour plus ou moins longtemps), on a choisi de se créer des souvenirs que peu de monde pourra comprendre, on a choisi de partager ou non nos aventures, on a choisi de s’éloigner.

Tout ça a été réfléchis, et pourtant, l’éloignement est difficile à accepter.
Ce n’est pas juste être loin physiquement, c’est aussi ne plus être sur le même fuseau horaire, ne pas être là pour les fêtes, les mariages, les naissances, c’est voir ses amis s’amuser ensemble sans nous, voir sa famille créer des projets sans pouvoir vraiment y participer…


On aimerait que la téléportation existe pour rendre les au revoir plus faciles, on aimerait pouvoir payer ses cartes d’embarquement en billets de Monopoly, on aimerait que le temps s’arrête quand on passe des bons moments.


Mais ce qui est surtout dur à gérer, c’est de bâtir sa vie sans eux au quotidien. Chaque jour qui passe, on crée la personne qu’on devient avec des nouvelles expériences, des rencontres, des occasions, qui vont nous rendre différents. Plus vraiment comme eux, et pas tout à fait comme ceux de son pays d’adoption.

Une personne avec un cœur coupé en deux. Le sentiment d’appartenir à deux cultures, et de pas vraiment savoir, si un jour les deux pourront être réunies autour de nous.


J’ai changé.

Voyager permet de se développer et d’avancer dans sa vie. Les expériences ont forgé notre caractère, nos croyances ont évoluées, la jeune fille est devenue une femme. Nos ambitions se sont transformées, et de nouveaux rêves et désirs sont apparus, en même temps que de nouvelles personnes.
C’est ainsi que j’ai compris que j’étais prête à passer au niveau supérieur dans ma vie.

Mes 5 années d’études en art ont épuisé ma créativité et j’avais besoin de renouveau quand je suis arrivée au Canada. J’ai donc cherché un job hors de ce domaine afin de me ressourcer. Et aujourd’hui, un an et demi après la fin de mes études, je suis enfin prête à travailler dans mon domaine.

J’ai rencontré mon Caribou, et très rapidement, j’ai compris que j’étais prête a emménager avec quelqu’un, lui. Plus je le côtoyais, et plus je me rendais compte que mes « ambitions » étaient en train d’évoluer, plus je me suis rendu compte qu’il faisait de moi une femme.


Maintenant, je peux dire que je ne me suis jamais autant senti être une femme », et c’est grâce à lui.


Voyager apporte la joie immense de sortir de sa zone de confort mais nous fait aussi comprendre l’importance d’avoir un endroit où se retrouver après tant de chamboulements. Que ce soit une personne ou un endroit, le but est de se sentir bien et en paix.

Voilà ce que j’ai découvert en voyageant.

En parlant de voyage, as tu déjà visité l’Ontario, au Canada?
C’était un voyage fou, regarde ça!

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2 commentaires sur “Ce que j’ai découvert en voyageant.

  1. Je reconnais bien ce sentiment de manque causé par l’éloignement de nos proches. C’est vraiment pas facile. Sinon ton texte est vraiment chouette et tout aussi véridique ! Mais dis donc tu étais bien impolie de ne jamais dire merci avant !

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