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Une femme inspirante : Mariam Coste. #1

Depuis quelques temps,  je me rends compte de l’importance qu’ont les personnes qui nous entourent. Ces gens qui nous inspirent par leurs histoires, leur vécu ou encore leurs projets. Chacun est différent, et pourtant, il suffit d’un petit détail pour se sentir immédiatement connecté. C’est pourquoi j’ai décidé de créer cette série d’articles sous la forme de questions et de discussions. Chaque invité(e) va nous parler de qui il/elle est, des épreuves qu’il/elle a rencontré, de ces talents ou encore de ces projets futurs. On commence tout de suite avec… Mariam Coste, une femme inspirante.

 

Présente toi en quelques mots.

Mariam Coste, 48 ans et maman de trois grands enfants. Je suis rwandaise et française. Diplômée en esthétique et en cosmétologie (BTS), j’ai également fait deux années d’études en tant qu’éducatrice professionnelle. J’aime la montagne et faire du sport comme la course à pied, le yoga, la méditation ou encore le renforcement musculaire. Je suis également passionnée de cuisine, de cheveux crépus et d’écologie. Je suis artisane dans la cuisine et j’ai créé récemment un concept de box de lunch healthy et écologiques. Passion et Cannelle. Autodidacte, je favorise une cuisine intuitive et consciente, selon mes envies.

 

Femme inspirante

 

Quel est ton parcours professionnel, ton métier et en quoi ça consiste?

J’ai commencé ma vie professionnelle en étant assistante maternelle, ce qui m’a permis de m’occuper de mes enfants. Malgré mes études pour devenir éducatrice professionnelle, je n’ai jamais exercé ce métier. A la suite de ça, j’ai été formatrice dans une école d’esthétique avant de travailler à mon compte comme esthéticienne. Parallèlement à ça, j’ai poursuivi mes deux passions : la cuisine et les cheveux crépus. L’une en proposant des ateliers culinaires, l’autre en devenant une Nappy (contraction de naturel et happy) et en fabriquant mes propres produits. Le mouvement Nappy désigne les femmes noires souhaitant conserver leurs cheveux naturels crépus. Pour moi, cette démarche va aussi dans un sens écologique en n’utilisant plus de mèches.

Aujourd’hui, mon métier consiste à préparer des repas, en majorité végétariens qui sont ensuite livrés au travail ou à domicile à Abidjan (Côte d’Ivoire). Le menu est pareil pour tout le monde et différent chaque semaine. Chaque lunch est livré dans une boite en plastique dur ou un bocal, qui doit être rendu lavé à la prochaine livraison afin d’être réutilisé. La côte d’Ivoire n’ayant pas accès aussi facilement aux contenants jetables recyclables, les boites et les bocaux sont pour l’instant la meilleure alternative. D’autant plus que Abidjan n’ai pas aussi avancé en matière de recyclage que l’Europe, les déchets sont ainsi limités. Aussi, j’ai un producteur qui me livre des cageots de produits locaux, sans sacs plastiques.

Mes clients sont conscientisés à une manière de consommer différente avec des menus principalement végétariens. Manger de la viande c’est possible mais il est important de connaitre la provenance de ce que l’on met dans sa bouche. Ils se sentent concernés par la protection de la planète et me suivent dans ma démarche. Leur avis concernant la quantité de nourriture proposée dans chaque repas m’importe également beaucoup. Il est essentiel pour moi de ne pas jeter de nourriture et de cuisiner des produits frais du jour. Et bien sur de protéger notre planète en utilisant des contenants recyclables et en jetant le moins possible.

On parle de la Cote d’Ivoire en disant que c’est trop pollué et qu’il n’y a rien à faire. Mais je vois de plus en plus de mouvements qui se mettent en place par les jeunes ivoiriens ou non. Il y a de plus en plus de personnes qui produisent des produits biologiques et qui pratiquent l’agriculture raisonnée. Par exemple Action Riviera Golf, a créé le mouvement Umuganda. Ils font un travail communautaire pour nettoyer les quartiers où nous vivons. Ou encore les petits producteurs comme le Comptoir Bio, Mando Food, le Maraicher de Babi ou la Boutique Paysanne qui vendent des produits locaux.

 

Quelles sont tes motivations au quotidien?

Les compliments de mes clients et de me dire, que grâce à moi, ces personnes savent ce qu’ils mangent. Ils ont aussi conscience de protéger la planète en ne mangeant moins de produits d’origine animale et en ne jetant pas de plastique. Aussi, j’ai la chance de vivre de ma passion, ce qui n’est pas donné à tout le monde.  Alors je prends conscience que chaque jour est un jour nouveau et je remercie ma famille de me soutenir. Et enfin, les yeux de Christiane, une fille que je forme, qui brillent chaque fois qu’on prépare et qu’on dresse des plats. L’important c’est de vivre au jour le jour.

 

Comment gères-tu un échec ou une situation difficile? Comment tu relativises?

Je suis quelqu’un de très positif mais aussi de très perfectionniste. Lors d’une situation inattendue, une commande de nourriture plus importante par exemple, je vais stresser. Ensuite, ma réaction va être de soit dire non à un client, si je ne pense pas arriver à réaliser son plat avec qualité, soit je vais prendre du temps pour me calmer. Je dis me calmer, car préparer à manger pour des gens, « la restauration », est très stressante. Entre l’envie de faire plaisir, le travail que ça représente et les horaires, tout n’est pas toujours facile à gérer.

Je me dis que ça va bientôt faire un an que je fais ce que j’aime et que je profite de chaque instant. Même si l’aventure s’arrêtait demain, je me dirais que le plus important, est que j’ai réussi à exaucer mon rêve. J’ai fais ce que j’aimais avec passion et je suis déjà très heureuse d’avoir réussi.

Aussi, dans ma vie de tous les jours, quand je me plains de ne pas voir le soleil par exemple et que je vois une femme passer avec une bassine de 15 kilos, je relativise. Ou si je n’ai pas de clients une journée, au lieu de me décourager, je vais prendre ça comme un moment où je vais pouvoir faire d’autres choses. Prendre du temps pour moi, voir mes amies, faire plus de yoga.

Si jamais j’ai une journée difficile, la course à pied ou du renforcement musculaire va me permettre de me défouler. Je pratique aussi la méditation et le yoga pour me calmer et accepter qu’une situation ne s’est pas passée comme je voulais. Si un échec arrive, je vais prendre ça comme une leçon plutôt que comme une déception. Dans ma vie en général, il n’y a pas seulement mon travail ou ma famille qui me motivent, il y a aussi mon envie de donner de mon temps.

Je fais partie d’une association qui s’appelle AIFCI (Association Internationale des Femmes de Cote d’Ivoire) et j’aide dans des cours d’alphabétisation dans un quartier populaire d’Abidjan. Je m’occupe également de femmes malades en leur proposant des ateliers de cuisine, de causerie. Toutes ces personnes si résilientes se reconstruisent et sont de vraies inspirations.

Tu parles de résilience, mais je sais que tu viens d’un pays qui a connu un génocide.

Durant le génocide au Rwanda, je n’étais pas là; heureusement et malheureusement. Partie en voyage à ce moment là, je n’ai jamais pu retourner chez moi. Je n’ai aussi jamais pu dire au revoir à mes parents, mes tantes et mes oncles, mes amis…

Et puis il y a deux sortes de traumatismes au Rwanda : ceux qui ont vécu le génocide et ceux qui ne l’ont pas vécu et qui s’en veulent de ne pas avoir été là. Souvent, on se concentre sur les personnes qui étaient là sur place et on ne se soucie pas des autres. On ne nous a jamais posé la question de savoir comment on allait faire. Lorsqu’on nous dit, du jour au lendemain, que notre famille a été massacrée, comment sommes nous censés continuer à vivre? Tu retourne chez toi retrouver ta famille que tu as laissé mais ils ne sont plus de ce monde. Comment accepter leur départ alors que tu n’as pas pu leur dire au revoir?

Te considère-tu alors comme une femme résiliente après tout ce que tu as vécu?

Je ne sais pas si je suis résiliente, moi toute seule, mais nous tous oui. En tant qu’individu, on ne se remet jamais vraiment de ce genre d’épreuve. Mais le peuple rwandais est un peuple résilient, et il nous a fallu être résilient tous ensemble. Nous avons accepté l’inacceptable pour sortir de nos cendres et ne plus jamais y retourner. Nous nous sommes relevés après ce drame.

Tout à l’heure tu me demandais mon leitmotiv’, la force des rwandais en est un. Je sais que je ne suis pas très humble quand je parle de mon peuple mais je n’ai pas envie de l’être. Il faut vraiment en avoir dans le ventre pour réaliser ce que le peuple rwandais à réalisé. J’ai la chance aujourd’hui d’être en vie, mais ce n’est pas le cas de tout le monde. Quand le génocide s’est produit, nous avons refusé dès le départ d’être prit en pitié par le reste du monde. Nous avons refusé parce que nous aurions été une deuxième fois, victime du génocide. Et nous ne sommes pas un génocide, nous sommes Rwandais.

 

Femmes inspirantes

 

Quel est le meilleur conseil qu’on t’ai donné?

En fait il y en a deux. Ne pas avoir peur d’oser et ne pas se comparer aux autres. Chacun à sa façon, on est capable d’accomplir des choses.

 

Quelle personne t’inspire et pourquoi?

Ma maman. C’était une battante qui n’avait pas peur du travail. Partie de rien, elle a réalisé de supers choses. Elle n’a pas eu peur de se lancer en affaires alors qu’elle ne savait ni lire, ni écrire. Et elle a réussi! Elle n’a pas hésité à apprendre à lire et à écrire alors qu’elle était adulte. Elle tenait aussi à ce que nous allions à l’école, c’était une femme inspirante.

 

femmes inspirantes

 

Comment prends tu soin de toi et de ton esprit?

J’essaie de manger équilibré. J’écoute mon corps, mon ventre pour lui donner ce qu’il a besoin. Evidemment, je fais du sport, ainsi que du yoga et de la méditation. Je les pratique tous les jours, mais sans me mettre de pression. Aussi, je n’ai pas peur de vieillir donc je n’utilise pas de crème anti-âge ou de choses de ce genre là.
Je ris beaucoup, je m’occupe des autres et bien sûr, de moi aussi!

 

Une lecture qui t’a marquée, qui t’a aidé à avancer?

Petite, je n’aimais pas lire. C’est avec mon mari que j’ai appris à aimer ça. Je ne pense pas qu’une lecture m’ai fait avancer, je pense plus que ce sont les rencontres. Mais parmi les livres qui m’ont marqués, je citerais Le Tao de la femme, 10 leçons pour être forte et sereine, de Diane Dreher. Petit traité de l’abandon, pensées pour accueillir de Alexandre Jollien. Les livres de développement personnel de Laurent Gounelle en général. Ou encore Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une de Raphaëlle Giordano. Ce sont les livres que je lis et relis encore et encore.

J’ai aussi lu des livres sur mes héros comme Nelson Mandela, Martin Luther King ou encore Rosa Parks. Ces lectures là m’ont aidées à être fière de mes racines, fière d’être noire africaine.

 

Quel est l’accomplissement qui te rend la plus fière?

Sans hésitations, je dirais mes enfants et mon mari. Mes enfants sont mes enfants, avec plein de défauts mais aussi plein de qualités et surtout des valeurs. De vraies valeurs. Mon mari, quant à lui, est un homme d’honneur. Il est responsable, amoureux, empathique, généreux et honnête.

 

Femme inspirante

 

Quel est ton prochain défi de femme inspirante?

Je prévois de courir le 10km le 15 novembre à l’occasion de la journée de la paix après presque deux ans et demi sans courir. Je m’entraîne depuis un mois et demi pour ce défi.

 

Le mot de la fin?

Merci Camille d’avoir pensé à moi comme femme inspirante! Depuis la création de Passion et Cannelle, ce qui m’arrive est incroyable. Qui aurais cru que je pourrais inspirer des personnes en dehors de mes enfants. Alors les femmes, allez-y, osez!! Osez réaliser vos rêves, vos passions, suivre vos envies sans se limiter par votre âge.

Je souhaiterais aussi remercier mes clients sans qui cette aventure ne serait pas possible. Mon mari évidemment, qui me soutient à 100% dans mes projets. Mes enfants et ma nièce qui travaillent dans l’ombre et me soutiennent. Mes abonnés et enfin, je me remercie moi-même, car j’ai osé, je l’ai fais! Waouh!

 

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Mariam, une femme inspirante et Iris.

Article en hommage à Bazubagira Mwamini.

 

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